Depuis quelques jours, la surmédiatisation autour du nouvel épisode de grippe aviaire qui frappe le Sud-Ouest crée un climat d’hystérie collective inutile. Si la découverte de certains cas impose des mesures sanitaires radicales et sérieuses, elle ne doit cependant pas entrainer des discours alarmistes autour de toute la filière du canard.

Il est, tout d’abord, essentiel de rappeler que le virus dont il est aujourd’hui question est le H5N8, autrement dit une forme qui n’est pas transmissible à l’homme. Or les services sanitaires qui sont en charge de ces dossiers présentent, la plupart du temps, ces questions de façon très technique. Une approche technique qui déroute les médias qui s’en font, comme ils peuvent, le relais. Aussi, au lieu d’apporter des réponses claires à la population, la communication qui accompagne ces événements crée une certaine confusion. En laissant de la sorte planer le doute, on ne peut que susciter l’affolement. Or, quand on sait que ce virus ne présente aucun danger pour l’homme et que les canards restent consommables, on ne peut s’empêcher de penser que cette crise n’est pas gérée de la meilleure des manières.

En appliquant à l’excès le principe de précaution, on a poussé les médias à faire d’une maladie ordinaire chez le canard une maladie extraordinaire. Ce phénomène d’amplification d’informations souvent nébuleuses et inquiétantes a créé un cercle vicieux qui s’est répandu dans toutes les filières et dans tout le pays. Une fois une situation banale montée en épingle, il est nécessaire d’apporter des réponses susceptibles de rassurer la population. Or en proposant un certain nombre de dispositions à prendre en pareil cas, on ne fait qu’entretenir la psychose créée. C’est tout le mal de notre époque.

Il est donc désormais urgent de ramener un peu de sérénité autour de cette épizootie afin de ne pas mettre davantage à mal une filière qui mérite mieux que le traitement médiatique auquel elle a droit. Car, qu’on se le dise, il y aura bien sur nos tables, pour les fêtes de fin d’année, du foie gras à déguster.