francois à la ferme 2Pour la deuxième fois cette année, le gouvernement est parti en « classe verte ». Dans le cadre du comité interministériel aux ruralités, un tiers des ministres et secrétaires d'Etat a accompagné François Hollande et Manuel Valls en Haute-Saône, à la découverte d'un monde rural dont ils semblent ne se souvenir qu'en période électorale.

Lors de leur dernier séjour touristique dans l'Aisne (quelques jours avant les élections départementales), 46 mesures avaient été annoncées, prétendument concrètes, pour « faire de nos ruralités une chance pour la France ». Entre les dispositifs déjà existants, les bonnes intentions généralistes, les nouvelles usines à gaz coûteuses et les aberrations complètes, la population des territoires ruraux n'a pas vu beaucoup d'effets réels à cette opération de communication.

Ce qu'elle a constaté depuis, en revanche, c'est un nombre de défaillances d'entreprises en hausse, des artisans en désespérance, une crise agricole majeure, des fermetures de services publics, des augmentations de charges et d'impôts, des collectivités locales en grande difficulté, et surtout, un désinvestissement de l'Etat et des Régions de l'action publique nécessaire à l'avenir du monde rural.

Aujourd'hui, le gouvernement nous fait un bilan de ces 46 mesures proche du néant et nous en annonce 20 nouvelles, conscient, affirme-t-il, du sentiment d'abandon exprimé dans les zones rurales. Monsieur le Président, Monsieur le Premier Ministre, Mesdames et Messieurs les Ministres, ce n'est pas parce que vous venez en promenade de temps en temps que les ruraux se sentent moins oubliés : c'est parce que, concrètement, vous ne faites rien pour eux.