vote-assemblee-contreCet après-midi, le Premier Ministre soumettra son programme de stabilité à l'avis de l'Assemblée nationale. Des intentions louables, mais un résultat décevant...

Sur le principe, on peut se réjouir de voir le gouvernement prendre la mesure de la situation désastreuse de l'économie française. Pour la première fois depuis deux ans, il est enfin question de faire des économies !

Pourtant, dans les faits, on est encore bien loin du compte. Les mesures proposées relèvent d'économies de bouts de chandelles, là où des réformes de structures s'imposent. Exemple symptomatique : Manuel Valls préfère geler les pensions de retraites plutôt qu'envisager la réforme des régimes spéciaux tant attendue, qui serait pourtant plus cohérente et plus juste. Ce manque de courage, ce sont les Français qui en paieront la note encore une fois.

Par ailleurs ces annonces, basées sur des prévisions de croissance hautement fantaisistes, vont dans le sens contraire de tout ce que la majorité socialiste a fait depuis deux ans. Le premier ministre décide, par exemple, de maintenir le gel du point d'indice des fonctionnaires et affiche cette décision comme une source d'économies : pourquoi, alors, avoir supprimé le jour de carence dans la fonction publique ? Un pas en avant, deux pas en arrière : personne n'a jamais avancé de cette manière...

Dans la pratique, ce programme de stabilité ne répond en rien aux enjeux actuels. Si les intentions sont bonnes, les propositions ne sont clairement pas à la hauteur. Le gouvernement doit impérativement s'engager sur de vraies réformes, non seulement à long terme mais aussi à effet immédiat : les mesures fiscales et de soutien à la compétitivité des entreprises ne peuvent pas attendre !