C’est, encore, l’histoire du verre à moitié vide et à moitié plein. À moitié plein car les 12 millions d’€ que l’État français lâche dans le cadre de s aides de Bruxelles (PAC) au pruneau d’Agen sont inattendus vu les chiffres du départ et les difficultés des négociations avec le ministère (lire notre édition d’hier). À moitié vide aussi car cette somme est très éloignée des 21 millions d’€ que la filière demandait.

Mais, finalement, «c’est un mal pour un bien même si c’est une petite déception» estime Patrick Léger, président du comité économique «dans la mesure où on ne souhaitait pas que les aides descendent sous les 15 millions. Il va falloir faire avec et surtout se mettre au boulot car il ne faut pas se contenter du recouplage et se mettre en ordre de marche dès l’hiver.

Critères

Un point d’accord entre autres avec Jacques Pommiés, président du BIP : «On ne veut plus de vergers à l’abandon. Les aides recouplées iront aux producteurs qui ont investi.» Lors du dernier acte de la Politique agricole commune, «tous les hectares étaient primables. On a fait du social. Dès janvier, on se met au travail pour fixer des critères d’éligibilité prenant en compte les investissements.» Deux propositions clés : des primes pouvant être accordées aux vergers de moins de 5 ans, et aux vergers de plus 5 ans mais avec un minimum de rendement. L’Union européenne a refusé à la filière une aide au kilo, ce que souhaitaient ses dirigeants en Lot-et-Garonne.

Pour Jacques Pomiès, l’heure est à la rationalisation. «On va flécher les aides sur les vergers productifs. Les primes ne vont pas aller n’importe où.» En parallèle, les dirigeants de la filière réfléchissent à sa restructuration dans les 3 à 5 à venir t doivent à ce titre frapper à la porte du conseil régional (fonds Feader).

«Perfusion»

Côté réactions encore, la Coordination rurale considère que ces 12 millions d’euros sous forme d’aide recouplée «viendront en effet atténuer la baisse conséquente du soutien à la production déjà amorcée cette année. Cela dit, cette perfusion, si elle est rassurante, ne devra pas exonérer les producteurs d’être exigeants quant à la qualité de leurs pruneaux, et vigilants quant aux prix que les entreprises de transformations proposent. Ce à quoi la CR47 veillera. Ces deux derniers points sont incontournables pour assurer à la filière sa pérennité.» On attendait toujours hier la réaction de la chambre d’agriculture, dont le président Serge Bousquet-Cassagne s’était démarqué lors d’une réunion publique.

De son côté, Jean-Louis Costes, le député duVilleneuvois où est implanté 90 % du verger de prunes d’Ente, estime que «cette somme risque d’être insuffisante pour permettre la restructuration de la filière telle que prévue dans le cadre du plan de reconquête de la compétitivité. Les professionnels pourront compter sur tout mon soutien pour leurs projets à venir et pour leurs recherches de financements supplémentaires. Mais avec 12millions d’euros, l’avenir immédiat de la filière pruneau n’est pas menacé.»

La journée de la Prune est fixée au 23 janvier prochain. Avec la PAC à l’ordre du jour.

St.B

(© La Dépêche du Midi)