SUdOuest 1erTourPrésidentielle2017Président départemental des Républicains, le député-maire de Fumel Jean-Louis Costes évoque l’avenir de sa formation politique.


François Fillon a largement perdu une élection présentée comme imperdable pour la droite, il y a encore six mois. Est-ce de sa seule faute ?
Ce n’est pas de sa seule faute. Il y a plusieurs raisons. Il y a les affaires car il était sorti largement en tête de la primaire, et la volonté des gens qui, aujourd’hui, sont perdus, en colère contre le monde politique, et se réfugient dans les extrêmes ou ailleurs, comme chez Macron qui n’est membre d’aucun parti. Les affaires, c’est certain, ont sans doute coûté à Fillon les 3 ou 4 points qui lui manquent pour être au second tour. Le rejet de sa candidature est plus fort en Lot-et-Garonne, où il termine 4e du premier tour, qu’au niveau national.

Pourquoi, selon vous ?
La dégradation de la situation économique, comme en Dordogne, est peut-être plus forte qu’ailleurs. Dans les deux cas, les gens se sont tournés vers deux extrêmes. Et il y a la candidature d’Emmanuel Macron.

Comme au Parti socialiste, une refondation des Républicains apparaît nécessaire...
Avec quelques différences. Au niveau du PS, il y a une fracture idéologique gigantesque alors qu’aux Républicains, les différences de sens sont plus faibles. Aujourd’hui, nous avons plus besoin d’une reconstruction en terme de personnalité que de ligne politique. Elle sera en effet à 90 % identique qu’elle que soit la façon dont on va se réorganiser.

Autour de qui ? Vous plaidez pour un retour de Nicolas Sarkozy ?
Je crois qu’il a tourné la page. Même s’il conserve de nombreux soutiens au sein du parti, je ne pense pas qu’il ait envie de revenir. Comme Alain Juppé, d’ailleurs. Fillon ne participera plus au bureau politique. L’avenir aujourd’hui, c’est Baroin ou Wauquiez, des gens plus jeunes qui n’ont pas été en responsabilité du parti.


Des lueurs d’espoir subsistent-elles, selon vous, pour les législatives ?
Bien sûr. Dans ce contexte, la présidentielle et les législatives sont deux élections complètement différentes. Je suis député sortant avec mes convictions politiques qui n’ont jamais changé. Je serai candidat et les défendrai en défendant notre territoire.


L’appel de François Fillon à faire barrage au FN semble ne pas être très entendu. Les élus n’ont plus de rôle de prescripteurs ?
Les électeurs détestent qu’on leur force la main. J’ai exprimé ma simple position personnelle. Je ne partage pas les valeurs idéologiques du FN et, sur le terrain économique, il mènerait le pays à la catastrophe. Je voterai donc pour Macron, mais ce sera un vote par défaut. Je n’appelle pas à le faire car lancer un appel serait peut-être même contre-productif. Si je suis réélu et que Macron est président, je défendrai les textes qui correspondent à mes idées, à mes valeurs et à mes orientations pour le territoire. Je serai dans l’opposition constructive.

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