LaDépêche DelahayeC'est ce qu'on appelle labourer le terrain électoral. Ou plus simplement faire campagne. Hier, Jean-Louis Costes (LR), député-maire de Fumel et candidat à sa succession sur la 3e circonscription Villeneuve-Fumel, était à Castillonnès. Au comice agricole le matin, en réunion avec les agriculteurs l'après-midi et en réunion dite « plus politique » le soir non loin de là, à La Sauvetat-sur-Lède. À ses côtés pendant toute la journée, la députée européenne Angélique Delahaye (LR), secrétaire nationale à l'agriculture du parti, elle-même agriculture en Touraine. But de la visite et des rencontres du jour : « Expliquer le véritable rôle de l'Europe en matière agricole ».

Une paille dans un secteur éminemment agricole, qui plus est touché de plein fouet par la crise de la grippe aviaire, et dans un département où le syndicat majoritaire à la chambre est la Coordination rurale, pas vraiment connue pour son amour pour Bruxelles. « En fait, on n'explique pas d'où vient le problème, et souvent, on préfère se contenter d'un paresseux : L'Europe nous l'impose », détaille Angélique Delahaye. « Je prends un exemple. Pour protéger les salariés, l'Europe a décidé d'imposer une règle disant que le travail en hauteur était dangereux. Sans préciser la hauteur, définie ensuite dans chaque état. En Allemagne, on considère qu'il y a danger à partir de 3 mètres. En France, c'est dès qu'on a les pieds au-dessus du sol. Ce que je veux dire par là, c'est que l'origine du problème n'est pas l'Europe en soi, mais bien la transposition qu'on fait des règles européennes en France. »

Et Jean-Louis Costes d'enchérir : « En Pologne, une transposition d'une règle européenne fait une page. En France, elle en fait 25. Le vrai problème, il vient des ministères parisiens. »

Un propos aussitôt repris par la députée européenne : « Sans la politique agricole commune, l'agriculture française ne serait pas ce qu'elle est. Mais aujourd'hui, la France est le seul pays européen à recevoir ses aides PAC avec du retard, jusqu'à deux ans pour les agriculteurs bio. La faute n'incombe pas à l'Europe mais au ministre de l'Agriculture, qui ne transmet pas en temps et en heure les dossiers. Le prochain gouvernement devra simplifier tout ça en prenant ses responsabilités, sans se défausser sur l'Union européenne. »

La campagne, même à la campagne.

(© La Dépêche du Midi)