LaDépêche SantéVilleneuveDéputé sortant, en campagne pour sa réélection, Jean-Louis Costes (LR) ne choisit pas le thème le plus porteur pour un électorat qui lui est traditionnellement favorable : «J'ai interpellé la ministre de la Santé à l'Assemblée début février au sujet de la désertification médicale. Aujourd'hui, il y a des primes de 50 000 € à l'installation pour les médecins en zones rurales. Ils sont mêmes exonérés d'impôts tant et si bien qu'on crée une concurrence entre communes au sein d'un même territoire : à Fumel communauté, en 2016, le médecin de Montayral est parti s'installer à la maison de santé de Tournon car fiscalement c'était plus intéressant. Tant qu'on laissera le libre choix aux médecins du lieu de leur installation, ils continueront d'aller dans les grandes villes. Je propose qu'ils soient soumis, comme les infirmières libérales ou les kinés, à une règle simple : s'ils veulent s'installer là où il y a suffisamment ou plus de médecins que la moyenne, il faut qu'ils rachètent une clientèle ou remplacent un départ en retraite. Et je propose qu'il n'y ait aucune contrainte dans les territoires en manque de médecins». La dernière rencontre du député avec le président national de l'Ordre des médecins n'a pas permis de convaincre ce dernier : «Mais depuis, j'ai lu qu'il était d'accord pour que le numerus clausus des étudiants en médecine soit régionalisé. Ça ne réglera pas tout, probablement, mais c'est un premier pas. Je suis persuadé qu'il vaut mieux négocier aujourd'hui avec les médecins les conditions d'une meilleure répartition de la santé sur le territoire, plutôt que de le faire de manière autoritaire quand la situation l'exigera.»

(© La Dépêche du Midi)