SudOuest JoueLaCommeJuppéLe député d’opposition Jean-Louis Costes préfère évoquer son travail à l’Assemblée que répondre aux attaques de Patrick Cassany.

Son second journal du député, après celui paru en septembre 2014, est imprimé. Edité à 58000 exemplaires, il sera glissé dans les boîtes aux lettres de la circonscription à compter de lundi. « C’est un coût certain et peu de parlementaires le font », souligne Jean-Louis Costes qui y voit là l’occasion de revenir sur les actions menées, ici comme à l’Assemblée, lors du deuxième tiers de son mandat. Il n’y aura pas de troisième édition. Sa prochaine publication, sous forme de bilan, entrera dans ses comptes de campagne de candidat à sa réélection et sera accompagnée de son programme.

1. Il ne lâchera rien sur la désertification médicale

Toujours remettre l’ouvrage sur le métier. La proposition du député pour remédier à la problématique de la désertification médicale, qui consiste à ne permettre de nouvelle installation de médecin généraliste en zone déjà « surpeuplée » qu’en cas de départ à la retraite, avait été rejetée en 2015. Il y a quelques semaines, Jean-Louis Costes est enfin parvenu à ce que sa proposition d’amendement soit retenue en commission des affaires sociales, « grâce à des voix de la droite et de la gauche », mais cette dernière a été écartée lors des débats. « Le président de l’Ordre national des médecins bloque et la ministre avance le risque d’une augmentation des déconventionnements en zone sous-peuplée. Le gouvernement a refusé pour des raisons politiciennes au détriment des zones rurales. La proposition fait malgré tout son chemin, j’y reviendrai. » Il a jusqu’à début mars, date à laquelle devraient prendre fin les travaux parlementaires, voire encore un mandat pour y parvenir s’il est réélu...

2. Démuni face à la petite délinquance en milieu rural

La problématique de la petite délinquance en zone rurale lui tient à cœur – « Fumel en a été un exemple, Villeneuve n’est pas épargnée... » – il trouve que l’on en parle pas assez. Il a donc posé une question au gouvernement le 25 octobre. Lui évoque des comportements agressifs, insultes, consommation d’alcool sur la voie publique – « je n’ai même pas parlé du cannabis qui est en vente libre à la vue de tout le monde » – qui « génèrent un sentiment sur lequel prospère le populisme ». Ces comportements, qui selon lui s’ancrent en raison de l’absence de réponse pénale, « exaspèrent les policiers. Les gendarmes ont le même ressenti, comme les élus locaux qui sont découragés. »

3. A Patrick Cassany : « pas de politique de caniveau »

D’habitude plutôt prompt à balancer des amabilités à l’encontre du maire PS de Villeneuve-sur-Lot, Jean-Louis Costes n’aurait pas réagi aux récents propos de Patrick Cassany à son encontre, hier, s’il n’y avait été invité. Peut-être s’inspire-t-il de son poulain pour la présidentielle, Alain Juppé, qui essaie de se placée « au-dessus de la mêlée » : « Je n’ai jamais fait de politique de caniveau. Je travaille sur mes propositions, sur mon programme, sur ma personnalité. Je ne suis jamais rentré dans ce type de débat. La politique a besoin de retrouver de la confiance, de l’espoir. Elle devrait être quelque chose de noble car elle représente l’avenir. Ce type de discussion est proprement ce qui suscite le rejet. Oui le Fumélois ne va pas bien, comme le Villeneuvois. Mais la meilleure défense est sans doute l’attaque quand on est affaibli même au sein de sa majorité. »


Le plan Tarkett
« Le délai avant qu’il ne puisse bénéficier à un territoire voisin était trop court. Aujourd’hui, nous manquons de crédits de revitalisation pour le Fumélois. Mais le dispositif était prévu comme ça et je vais me battre pour trouver de nouveaux crédits pour subventionner des projets émergents », précise Jean-Louis Costes après les déclarations de Patrick Cassany, faisant état d’un manque de projets et donc de demandes. « En attendant, poursuit le député, l’abattoir de Villeneuve, qui est maintenant le seul du département, va en profiter. C’est important pour les salariés, le monde agricole et le réseau des petits bouchers. »

 

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