SudOuest AGVPAgglo2016L’association d’opposition Villeneuve Passion Agglomération faisait sa rentrée politique, hier à Sainte-Livrade.

«C'est à ma connaissance une association unique dans le département. La seule structure qui réunit élus et militants de la même sensibilité politique. Il faudrait peut-être s'en inspirer à Agen et Marmande... » Invité hier matin des premières rencontres de Villeneuve Passion Agglo, l'élu agenais Bernard Lusset n'a pas caché son enthousiasme pour décrire ce que Guillaume Lepers voit comme « une machine à gagner qui prend de l'importance pour les années à venir ».

Le vice-président de l'Agglomération agenaise en charge des finances était venu livrer sa vision de la situation financière de la CAGV. Modestement : « Je n'ai pas fait d'audit car je n'en ai ni la compétence, ni le temps. Et je ne suis pas venu me payer un Cassany... » L'élu, qui a une connaissance certaine de l'élaboration d'un budget est d'abord venu en expliquer les grands principes et lister les principaux ratios de pilotage permettant de se faire une idée.

« L'embardée » financière

Pour lui, « la CAGV a connu une vraie embardée en 2013-2014 liée à l'absence de maîtrise des dépenses de fonctionnement combinée à l'envolée fulgurante des investissements et du recours à l'emprunt. » Sans se réjouir des difficultés traversées par la CAGV, « puisque ce sont les administrés qui en pâtissent », l'élu agenais estime qu'elle « fait partie de celles qui ont réagi trop tardivement. Pour autant, j'espère que le retour qui se manifeste en 2015 va se poursuivre. Veillez le compte administratif 2016. »

Avant que la question toujours aussi sensible du déploiement de la fibre optique ne soit abordée, c'est le local de l'étape, le maire Pierre-Jean Pudal qui a pris la parole pour aborder un autre sujet toujours d'actualité : la désertification médicale.

« Commes des ruches vides »

Le généraliste s'est installé à Sainte-Livrade-sur-Lot en 1999. Originaire du Poitou, après ses études bordelaises, il a fait ce choix pour la qualité de vie rencontrée dans la vallée du Lot. « Mais aussi et surtout parce que j'ai été accompagné, insiste l'éphémère conseiller départemental. La Coddem (2) est une bonne idée. Le souci est que l'on a joué la facilité en faisant surtout des maisons de santé, qui sont des outils, pas des moyens. L'objectif est d'augmenter le nombre de médecins installés. Mais ce n'est pas parce que l'on met une ruche vide que les abeilles viennent. »

Pierre-Jean Pudal met en avant le modèle anglais qui a tout misé sur l'accompagnement des médecins « mais aussi de leur famille et de leurs conjoints » pour remédier à un problème de désertification médicale qui touchait les banlieues des grandes villes : « L'accompagnement doit se faire dès l'internat, en accompagnant les futurs médecins un par un. Payer ne réglera pas le problème et conduira à de la surenchère. » Et le temps presse : « Il manque 50 médecins en Lot-et-Garonne et la pyramide des âges est inquiétante. Il faut être meilleur que les autres départements car la concurrence va devenir très rude. Sur le sujet, il faut s'unir en faisant fi des divergences politiques. »

(1) Parmi les élus étaient présents Jean-Louis et Marie Costes, la conseillère départementale Patricia Suppi et ses deux homologues fraîchement élus en Livradais, les maires du Lédat, de Laroque et même celui de Saint-Sylvestre-sur-Lot venu en voisins ou encore le premier adjoint agenais et conseiller départemental Pierre Chollet. (2) La Commission départementale de la démographie médicale.

 

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