LaDépêche JLCJuppéDionisBoulmierTrois ans de mandat ou pas loin à l'Assemblée nationale pour le maire de Fumel et le président de Fumel communauté, prudent sur les prochaines échéances électorales de 2017 et vent debout, sans surprise, contre le gouvernement.


Cette loi Travail, vous avez décidé de ne pas la voter. Pour quelles raisons ?

Jean-Louis Costes : Je faisais partie, notamment pour avoir participé à son examen au sein de la commission des Affaires sociales, de ceux qui estimaient que la première mouture était convenable. J'étais d'accord à ce moment-là pour la voter. Compte tenu que le projet de loi a été totalement dénaturé, j'avais décidé finalement de ne pas la voter.


Des points en particulier vous chagrinent ?

Je parlerais plutôt d'état d'esprit car tous les articles ont été retouchés. Il existe au PS un certain nombre de socialistes qui ont compris que les vieilles recettes ne marchent plus, qu'il faut changer de logiciel. En face, une autre partie des socialistes est arcboutée sur ces mêmes vieilles recettes. Du coup, le gouvernement a remanié les dispositifs favorables à l'entreprise pour faire plaisir à cette aile gauche.


Le député de l'opposition que vous êtes attend quoi de la dernière année de mandat ?

Rien ou pas grand-chose. La majorité est écartelée, aucun texte ne pourra être voté alors qu'il faut que le pays s'adapte au monde qui bouge. C'est dramatique.


L'arrivée de Macron dans le jeu politique attire votre regard, ou pas du tout ?

C'est surtout le chouchou des médias nationaux car il est nouveau. C'était, rappelez-vous, le cas de Valls. Macron n'a pas l'appareil derrière lui, n'a aucun soutien alors que tout homme politique a besoin d'un appareil, d'une organisation derrière lui. C'est un feu de paille, il va s'éteindre. En revanche, en dehors de sa personnalité, il est révélateur d'une gauche qui se rend compte que les méthodes anciennes mènent à la catastrophe, d'une gauche qui devient ultralibérale.


L'affaire Denis Baupin, le harcèlement sexuel... Vous commentez ou vous laissez de côté ?

Pour Baupin, si les faits sont avérés, ils sont condamnables et doivent être condamnés. De façon générale, cela me désole de voir qu'une nouvelle fois, des parlemantaires votent des lois et alimentent par leurs agissements l'antiparlementarisme primaire. Baupin hier, Sapin aujourd'hui qui reconnaît après avoir nié (...) Il y a eu Georges Tron aussi. Cela ne concerne pas que la gauche.


Le président de LR 47 que vous êtes devenu doit composer avec la parité pour les élections législatives de juin prochain. Alors, une ou deux circonscriptions réservées à des candidates dans le département ?

Une règle s'applique. Si elle n'est pas respectée, le ou les partis en faute doivent s'acquitter d'amendes. Nous sommes donc contraints de présenter des candidats hommes et femmes, c'est imposé par le règelement. Ce que je sais être, c'est qu'au jeu des députés qui vont se représenter, Les Républicains devront présenter des candidates dans 70 % des circonscriptions. Une ou deux candidates en Lot-et-Garonne, je ne sais pas.


Vous êtes favorable à une candidature féminine pour Agen-Nérac ?

Je suis favorable à un accord national avec l'UDI.


Ce n'était pas la question...

La question que vous me posez relève plus des problèmes internes à l'UDI que des Républicains. J'ai toutefois cru comprendre qu'il y avait plusieurs candidats au sein de l'UDI non ?

 


Le cumul ? «ça va évoluer...»

Candidat à sa succession au poste de député, Jean-Louis Costes serait, à ce jour, contraint de choisir entre son poste de maire et celui de parlementaire si la loi restait en l'état. « Cela peut évoluer car y compris au sein du PS, des parlementaires trouvent aberrant de couper le lien entre la fonction de député et sénateur et un mandat local (...) Le principe de deux mandats resterait, mais être député et maire redeviendrait possible. Personnellement, c'est en tant que maire que je vois ce qui doit être changé d'un point de vue législatif. On pourrait être ministre et président de région (Il fait allusion à Jean-Yves Le Drian) et pas élu d'une commune et député ? Ce n'est pas logique. »

 

(© La Dépêche du Midi)