Laffargue 1A la suite de la participation de JeanLaffargue 2-Louis Costes à l'assemblée générale de la fédération départementale des CUMA, monsieur Jean-Marc Laffargue a convié le député sur son exploitation afin de partager avec lui son expérience concernant l'apprentissage dans le milieu agricole.

Eleveur de blondes d'Aquitaine et producteur de céréales et de semences, monsieur Laffargue a accueilli depuis vingt ans six apprentis, tous aujourd'hui salariés en CDI, ainsi que de nombreux stagiaires. Professionnel engagé, passionné par son métier, il est pleinement convaincu de l'efficacité de ce dispositif de formation et prend sa mission de maître d'apprentissage très à coeur.

Pourtant, devant les contraintes qui pèsent aujourd'hui, il a pris la décision de ne plus former d'apprentis sur son exploitation. Il soulève deux difficultés principales :

  • le coût du salaire versé aux apprentis, trop lourd au regard des contraintes liées à l'acitivté d'une exploitation agricole familiale. Si le maître d'apprentissage rempli sa mission, l'apprenti n'est pas de la main d'oeuvre bon marché, mais bien un éleve en formation à mi-temps (l'apprenti étant en formation deux semaines sur quatre). L'accueillir demande donc du temps, de la disponibilité et une certaine prise de risque pour l'employeur, alors que pour un salaire un peu plus élevé, il pourrait embaucher un ouvrier pleinement compétent à temps plein. En comparaison, les aides versées aux entreprises pour l'accueil d'apprentis n'ont cessé de diminuer ces dernières années : ainsi, alors qu'il verse à son apprenti un salaire de 950€ par mois, monsieur Laffargue bénéficie de 1.000€ d'aide... par an. 
  • les normes et réglementations applicables à l'accueil d'apprentis en milieu agricole, devenues aberrantes et parfois même incompatibles avec l'activité pour laquelle les jeunes sont suppoLaffargue 3sés être formés. L'apprenti actuel de monsieur Laffargue peut ainsi utiliser le tracteur, mais pas le chargeur de foin : comment travaille un éleveur / céréalier sans chargeur ? En parallèle, le temps passé au remplissage de formulaires a augmenté de façon exponentielle. Il apparaît en effet nécessaire de stipuler par écrit que l'apprenti doit porter une casquette lorsqu'il y a du soleil ! Cela relève du simple bon sens, mais prend beaucoup de temps au maître d'apprentissage.

 

Malheureusement, les données statistiques confirment que l'apprentissage en milieu agricole souffre de nombreux freins. En 2014, 3,2% des contrats d'apprentissages enregistrés en France concernaient des entreprises agricoles (16,8% le BTP, 22% l'industrie, 57,9% le tertiaire). La situation économique du monde agricole fragilise également les vocations, qui ont donc plus que jamais besoin d'être encouragées.

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