bureauDe retour, dimanche soir, d'un voyage parlementaire en République islamique de Mauritanie, où il était parti mercredi dernier, le député-maire de Fumel, Jean-Louis Costes (Les Républicains) revient sur l'actualité.

 Pourquoi ce voyage en Mauritanie ?

J'avais organisé un colloque à l'Assemblée, il y a deux mois, sur islam et terrorisme. La Mauritanie a été confrontée à ce fléau du terrorisme en 2011 mais a su l'endiguer tout en affirmant son ancrage religieux. C'est un pays où l'islam est pratiqué de manière traditionnelle et ouvert sur le monde : le divorce est monnaie courante, la parité électorale a été instaurée avec désormais 30 % de femmes au Parlement.

Que retenez-vous de ce voyage ?

Quelques bonnes idées, sur les phénomènes migratoires par exemple. L'Espagne avait été confrontée à un afflux massif de migrants venus d'Afrique aux Canaries. Depuis, 30 hommes de la Guardia Civil coopèrent en Mauritanie avec des policiers locaux pour contrôler les côtes et les bateaux de pêcheurs. La France pourrait participer à ce genre de coopération.

En rentrant dimanche vous avez découvert la position de François Baroin (LR), président de l'Association des maires de France (AMF), qui veut interdire les crèches dans les mairies.

Oui et je trouve ça ridicule. Je suis du même parti mais je trouve que c'est une faute politique. La nouvelle religion, c'est la laïcité intégriste. Ce type de position brouille le message, les gens n'y comprennent plus rien et se réfugient dans le vote extrémiste. On peut être laïc sans renier notre histoire judéo-chrétienne et en vivant ensemble avec des musulmans, des juifs ou des athées.

Vous avez une crèche à la mairie de Fumel ?

Non, il n'y en a jamais eu. Je n'aurai pas le temps de m'organiser pour, mais cette position anti-crèche me donne presque envie d'en installer une. Pour le principe.

 

Propos recueillis par Jérôme Schrepf

(© La Dépêche du Midi)