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Ils avaient des choses à se dire, hier, les maires du Lot-et-Garonne. Près de cinq heures de travaux pour cette assemblée générale de l’Amicale des maires du département, la dernière de cette mandature.

 

Il y a d’ailleurs eu de nombreuses questions autour de l’élection de 2014. Les quelque 200 maires (sur les 324 communes du département) ont attentivement écouté Sophie Ribeton, présidente de l’Association des maires de Gironde, et son exposé sur les nouvelles dispositions de la loi du 17 mai 2013.

Le « hic » des listes rayées

« Et s’il n’y a pas assez de candidat pour former une liste dans notre petite commune ? », « Et si le maire ne veut pas être le délégué communautaire ? » Une question a néanmoins soulevé un vrai problème pour de nombreuses communes du département : « Les électeurs avaient l’habitude de régler leurs comptes dans l’isoloir en barrant des noms. C’est devenu leur sport favori, plaisantait Bernadette Dreux. Sauf qu’aujourd’hui ça rendra le vote nul. Comment faire pour limiter le risque de voir de très nombreux bulletins devenir nuls ? »

Pour les élections municipales, la loi a effectivement abaissé de 3 500 à 1 000 habitants le seuil qui rend obligatoire le scrutin proportionnel avec prime majoritaire. Plus de panachage, donc, pour les villes de plus de 1 000 habitants. Cela entraîne un changement très important : « il ne sera plus possible pour les électeurs, de rayer un nom sur une liste, d’en ajouter un autre. Nous insisterons pour que le ministère de l’Intérieur prévoie une campagne d’informations », apportait, en réponse, le président de l’Amicale, Jean Dionis du Séjour.

Autre détail, qui n’en est pourtant pas un dans un département rural comme le Lot-et-Garonne : « Quid de la carte d’identité ? Est-elle devenue obligatoire pour voter ? » Certaines petites communes, où tous les administrés se connaissent, se contentaient de vérifier la validité de la carte d’électeur. « Mais oui, désormais, pour voter, il faudra les deux documents. Même si cette toute récente disposition n’est pas indiquée sur les cartes d’électeur encore valables », expliquait Jean Dionis.

Le 47 essaye de se soigner

Des questions inévitables à quelques mois des élections municipales. Mais un tout autre sujet a néanmoins passionné l’assistance pendant trois heures d’échanges : la santé en Lot-et-Garonne.

La présence du directeur de l’Agence régionale de santé, Michel Laforcade, a donné du poids aux discussions engagées autour du problème de désert médical. Il a fait comprendre aux élus que le travail effectué en Lot-et-Garonne était « exceptionnel. Vos projets de Maisons de santé pluridisciplinaires (six nouvelles en 2014) et de pôles de santé correspondent à de vrais bassins de vie, et sont le fruit d’un travail remarquable. Les efforts engagés pour lutter contre les déserts médicaux, en utilisant la totalité des outils à votre disposition, donne de vraies raisons d’espérer ».

Michel Laforcade se voulait donc rassurant. Lui, comme le docteur Imad Chaaban, pour l’Ordre des médecins, ont invité les maires à inciter les médecins sur leurs communes à devenir maîtres de stage. Pour faire venir les étudiants sur le secteur, il a par ailleurs annoncé que des bourses d’études seront attribuées aux jeunes qui s’engagent à s’installer dans ces « zones à risques ».

Face aux chiffres toujours alarmants en Lot-et-Garonne, département clairement sinistré (moins de 5 % des médecins ont moins de 40 ans, l’âge moyen des généralistes est de 56,5 ans, érosion du nombre de médecin : « on en avait dix il y a 10 ans, il nous en reste 3,5 ! » s’est agacé le maire de Tonneins Jean-Pierre Moga), des solutions existent donc. « Le Conseil général, très engagé sur la question, travaille activement à inciter les étudiants à venir ici, a indiqué Joël Hocquelet, médecin et conseiller général. Il faut insister aussi pour que les médecins se fassent remplacer, pour créer une habitude de venir sur notre territoire. »

Les cinq parlementaires du département ont été interpellés par les maires sur le sujet. Ils en appellent à une politique plus coercitive sur le sujet. Guidés par de légitimes inquiétudes.

(© La Dépêche)