SudOuest-ElusVilleréalComme il en a pris l'habitude depuis le début de son mandat, Jean-Louis Costes poursuit sa tournée des anciens chefs-lieux de canton, pour rendre compte auprès des élus de son action à l'Assemblée nationale et faire le point sur les dossiers à résonance locale qui animent le Parlement. Dans la salle François-Mitterrand, jeudi dernier, le député s'est appliqué à expliquer la loi Notre et ce qu'elle augurait pour l'avenir des territoires ruraux.

Cette loi est selon lui le premier étage d'une fusée qui vise, à terme, à rassembler et fusionner les collectivités. Exit les départements et les communes de moins de 1 000 habitants, place aux Communautés de communes et aux grandes régions. Rien n'est officiel, mais les bruits de couloirs sont persistants. Et Jean-Louis Costes de dénoncer un « tropisme parisien, une vision urbaine des choses, une volonté administrative qui dépasse les partis ».

Une fusion lente

Pour le député, la baisse des dotations de l'État en est l'incarnation. « C'est un moyen de faire pression sur les petites communes afin de les pousser à fusionner, d'autant qu'on les incite financièrement à le faire. » Pour autant, selon lui, les fusions ne sont pas près d'intervenir : « Ça va se faire très lentement. Les communes réfléchissent, oui, mais de là à franchir le pas, c'est autre chose. Elles ne sont pas prêtes. »

Autre sujet prégnant en milieu rural : la téléphonie et l'accès à l'Internet haut débit. Le député a indiqué travailler sur un texte visant à renforcer les obligations des opérateurs, mais aussi avec Orange pour qu'il développe son réseau en campagne et que le territoire soit mieux maillé. « On ne rattrapera jamais le retard entre zones rurales et zones urbaines. Quand on aura la 3G ici, on sera à la 5G en ville », déplore-t-il cependant.

Les infirmiers en exemple

Dernier cheval de bataille : la démographie médicale. Le député se dit sceptique et très réservé sur l'utilité des maisons médicales construites avec de l'argent public. Selon lui, les médecins sont assez nombreux mais mal répartis.

Pour lutter contre la désertification, il propose de faire comme avec les infirmiers libéraux. En effet, l'Ordre des infirmiers a signé une convention avec la Sécurité sociale. Celle-ci favorise financièrement les infirmiers qui s'installent en zone de pénurie et pénalise ceux qui s'installent en zone « surdensifiée ».

Le député aimerait étendre cette convention à l'Ordre des médecins mais il se heurte pour le moment au mur du lobby médical.

Pierre-Antony Epinette

 

(© Sud Ouest)