SudOuest-UNAvilleneuveIl a fallu rajouter des chaises et rabattre les cloisons de la salle de la Maison de la vie associative, hier, pour l'assemblée générale de l'Union nationale des associations de soins et services à domicile (UNA) du Grand Villeneuvois. L'avenir de la structure, placée en redressement judiciaire depuis février 2015, inquiète autant ses quelque 1 400 bénéficiaires que ses 150 employés.

Hier, l'administrateur judiciaire qui, en cette période d'observation prolongée récemment par le tribunal, veille aux finances de cet incontournable acteur des services à la personne, n'était pas là. Le futur de l'UNA du Grand Villeneuvois, née en 2014 de l'absorption par l'UNA de Villeneuve des Assad de Sainte-Livrade et Castillonnès, n'a donc été abordé qu'en pointillé.

 

L'audit organisationnel réalisé en juin dernier avait imposé de baisser les coûts de déplacements, « au détriment parfois des services », a ainsi admis Pierre Rousseau. Aussi, pour baisser les coûts de personnels, quatre suppressions de postes administratifs sont en cours et s'ajoutent au départ de 19 salariés, équivalents à 15 emplois temps plein.

En préambule, et au regard du contexte, le président du conseil d'administration avait appelé à « un climat constructif et serein : nous sommes là pour avancer, pas pour régler nos comptes ».

Indispensable APA

Pour la directrice, Carine Leonard, « l'épreuve humaine ne réglera pas tout. Il faut aussi que dure l'accompagnement du Conseil départemental. » La collectivité, en effet, finance plus de 60 % des heures de prestation de l'UNA par le biais de l'allocation personnalisée d'autonomie (APA), dont la hausse de la tarification horaire, entrée en vigueur en janvier 2015, a fait du bien à la structure. Pas suffisamment, cependant, pour éponger un déficit qui, à ce jour, s'élève à plusieurs centaines de milliers d'euros.

Le bilan d'activités de l'exercice 2014, marqué par une baisse de 10 % du produit d'exploitation lié à une diminution du nombre d'heures de services effectuées, en est une explication. Après une année 2013 qui s'était soldée avec un excédent de plus de 60 000 euros, 2014 s'achevait sur un résultat net d'exploitation déficitaire de 251 829 euros.

2015, année cruciale

La fusion n'a pas été simple et les plaies ne sont pas toutes résorbées. En témoignent les vifs échanges nés des prises de parole de ce qu'il conviendrait d'appeler le clan de feu l'Assad de Sainte-Livrade, qui a fait gonfler le nombre de votes contre les rapports. « Où sont passés les 270 000 euros d'épargne que nous avions fin 2013 ? », a ainsi demandé Jackie Viel, ancienne présidente de l'Assad livradaise.

« Dans ma poche », a tenté de plaisanter Pierre Rousseau. Une autre femme, « suspicieuse » elle aussi, a reçu des applaudissements après avoir suggéré au conseil d'administration de se rendre à Lourdes pour sauver l'UNA du Grand Villeneuvois... Ambiance. À défaut de miracles, la période d'observation de la structure a été prolongée jusqu'au 8 janvier, date à laquelle un plan de sauvetage devra être présenté.

Les élus, Marie-Françoise Béghin et Jean-Louis Costes, se sont parfois montrés un peu décontenancés par l'ambiance et le déroulement chaotique de cette assemblée générale. La première adjointe au maire, en charge de l'action sociale, a préféré adopter « une neutralité bienveillante sur la crise ». Comme elle, le député avait, après avoir appelé au calme, salué le travail des salariées de l'UNA : « De femmes de ménage, vous êtes devenues des assistants techniques de santé. L'avenir est à vous. »

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