SudOuest-PrixInstructionCiviquePenne2015C'est dans une atmosphère solennelle que le Prix de l'instruction civique du collège Damira-Asperti, une première dans le département, a été célébré.

 

Vendredi, le collège Damira-Asperti, à Penne-d'Agenais, a célébré la République. à l'heure où l'on casse volontiers du sucre sur le dos d'une jeunesse qui n'aurait pas plus de repères que de valeurs, les collégiens pennois ont démontré, en suivant ce moment solennel, attentifs et respectueux, qu'il n'en était rien.

Il s'agissait de clôturer quatre années d'un cycle le long duquel les 510 élèves du collège ont travaillé sur les valeurs de la citoyenneté, par la remise d'un Prix de l'instruction civique organisé par la commune de Penne et son maire, Arnaud Devilliers. Un prix auquel était associé le journal « Sud Ouest » qui devait distinguer, entre autres, la plus belle lettre écrite à Marianne.

Des cinq lettres en lice, c'est celle rédigée par les élèves de la 4e 3 qui a réuni la majorité des suffrages du jury. Cependant, l'idée était de récompenser l'ensemble de l'établissement pour son engagement dans un projet « préfigurateur » des actions à venir sur le département à la rentrée prochaine, comme l'a indiqué le directeur académique, Dominique Poggioli. La récompense fut là, on ne peut plus symbolique, puisqu'il fut dévoilé le nouveau fronton du collège où figure désormais la devise républicaine : « Liberté, égalité, fraternité ».

Bara et Viala

« Nous vous remercions pour ce que vous avez fait », a ainsi déclaré aux collégiens Arnaud Devilliers. Le maire de Penne a pu constater que les mots repris par les collégiens dans leurs lettres à Marianne étaient ceux « qui, déjà, noircissaient les cahiers des doléances des Français il y a plus de deux cents ans : pouvoir vivre dignement, pouvoir se loger, pouvoir se soigner etc. »

À la tribune, le député Jean-Louis Costes a rappelé « combien était fondamentale l'instruction civique, d'autant plus dans le pays des Droits de l'homme et du citoyen, dans le pays de la philosophie des Lumières ». « Un pays dont il ne faut pas oublier qu'il est en guerre, a poursuivi le député. Il est en guerre là où les valeurs de la République sont en danger. C'est pourquoi, vous, les citoyens de demain, vous devez être fiers de ces valeurs et du sentiment d'être français. »

Arnaud Devilliers haranguait à son tour les collégiens : « Vous qui êtes les citoyens de demain, à vous que l'avenir de ce pays appartient, c'est à vous de prendre son destin en main. N'attendez rien des autres. Ne comptez que sur vous et servez les autres, servez la République et la République vous servira à son tour. » En guise de conclusion, le premier édile pennois a renvoyé au sacrifice de deux figures de la Révolution française durant les guerres de Vendée : « Ils s'appelaient Bara et Viala. Ils avaient votre âge, 12 ans. Aux royalistes qui les encerclaient et exigeaient qu'ils dissent ''Vive le Roi !'' afin de les épargner, ils ont répondu par un ''Vive la République !'' ».

 

(© Bastien Souperbie - Sud Ouest)