LaDépêche-CODELIAPP2015Jacques Valadié, président du Comité de défense de la ligne Agen-Périgueux-Paris (Codeliapp) et Jean-François Martinet, président de l'association de Périgord Rail +, ont du mal à accrocher les wagons. Les deux présidents tirent depuis des mois le signal d'alarme et s'inquiètent d'une possible fermeture de la ligne SNCF Périgueux. Plus exactement du tronçon Monsempron-Libos-Le Buisson (24). Parce qu'ils sont inquiets, ils avaient convié, jeudi après-midi à Fumel, l'ensemble des maires de Fumel Communauté, ainsi que les maires de Villeneuve, Saint-Sylvestre, Penne et Pont-du-Casse.

Au final, il semble que la plupart des maires ont loupé le train : si le député-maire de Fumel, Jean-Louis Costes était là avec des représentants de Monsempron et Montayral, et que les maires de Penne et Villeneuve s'étaient fait excuser, tous les autres étaient restés à quai. «La mobilisation des élus et de la population est primordiale», rappelait pourtant Jacques Valadié. «Ce n'est pas la ligne SNCF qui va, économiquement, sauver le territoire. Mais si vous perdez la ligne, alors cela va contribuer au déclin du territoire.»

Jean-François Martinet, lui, redoute que la fermeture arrive d'ici un an : «Avec l'ouverture de la Ligne à grande vitesse Tours-Bordeaux début 2017, les horaires de train en gare de Bordeaux changent. Et du coup, tous les horaires au départ de Bordeaux changent. Ce qui implique des changements dans toute la région, forcément.»

Pas d'horaires proposés

Si Jean-François Martinet parle horaires de train, c'est précisément parce que des propositions sont régulièrement faites par la région à la SNCF pour toutes les lignes. Enfin pas toutes justement : «Il n'y a eu aucune proposition jusque-là pour Agen-Périgueux. S'il n'y en a pas d'ici la fin du premier trimestre 2016, la SNCF aura beau jeu de dire que n'ayant eu aucune demande, elle ferme la ligne.»

Une fermeture qui ne dirait d'ailleurs pas son nom aussi radicalement : «Pour fermer une ligne, la méthode est plus déguisée», détaille Jacques Valadié. «On espace les correspondances, on diminue la fréquence des trains. Et puis on constate au bout d'un moment qu'il y a de moins en moins de voyageurs, forcément.»

Mardi, un comité de ligne est prévu, au Buisson justement. L'occasion pour tous les défenseurs de la ligne Agen-Périgueux de réaffirmer leur attachement au maintien de cette liaison ferroviaire.


 

Costes propose un débat sur la LGV à Fumel le 29 juin

Le député-maire de Fumel et président de Fumel communauté, Jean-Louis Costes (Les Républicains), avait répondu à l'invitation des associations qui défendent la ligne Agen-Périgueux, jeudi. Il en a profité pour annoncer la tenue d'un débat, le 29 juin à 17 h 30, en préambule du prochain conseil communautaire, sur la Ligne à grande vitesse. Et a profité de sa présence jeudi pour redire ce qu'il avait déjà affirmé fin avril, c'est-à-dire son opposition au tracé LGV (ligne à grande vitesse) entre Bordeaux et Toulouse : «Je suis pour la modernisation de la ligne existante. La LGV se fera sinon au détriment des lignes anciennes qu'on ferme peu à peu. De plus, l'absence de navette entre l'actuelle gare d'Agen et la nouvelle gare LGV, soyons clairs, c'est le meilleur moyen de tuer définitivement notre ligne. Personne ne viendra plus en train depuis Fumel jusqu'à Agen pour ensuite prendre un bus pour se rendre à la gare TGV. On prendra sa voiture. Et la ligne SNCF fermera.» Le président de Fumel Communauté de conclure : «Qu'on mette en place des liaisons de bus là où il n'existe rien, je suis d'accord. Mais là où il existe des infrastructures, comme chez, nous, qu'on nous les laisse et qu'on nous aide à les faire vivre.»

 

(© La Dépêche du Midi)