LaDépêche-AgChasse2015À Fargues-sur-Ourbise, on comptait plus de chasseurs que d'habitants, hier. Veneurs, archers et autres paloumaïres avaient répondu au son du cor de la Fédération de chasse qui rameutait ses troupes pour la traditionnelle assemblée générale, dans ses locaux à l'orée des landes.

 

Entre érosion et engouement

Sous un chapiteau bien rempli, se pressaient les adeptes des sorties en forêts et ceux plus amateurs de campagnes électorales. Si quasiment toutes les strates du millefeuille territorial étaient représentées, ce n'est pas un hasard : la chasse fait partie de l'ADN culturel du Lot-et-Garonne. Près de 14 500 de nos concitoyens ont pris leur permis l'an dernier pour pouvoir s'adonner aux différentes pratiques qui se côtoient dans le Sud-Ouest. Ce n'est pas négligeable, mais comme le regrette Michel Auroux, le président de la fédération : «tous les ans, et depuis plusieurs années maintenant, nous perdons environ 2,5 % de nos effectifs.»

Face à cette lente érosion, la fédération mise sur le renouvellement des générations. Un renouvellement qui, malgré une baisse générale des effectifs, tend à s'accélérer. «On a un engouement au niveau du recrutement des nouveaux permis», relève le président, «Il y a 3 ans, ils ont augmenté de 5 % dans nos rangs et l'an dernier de 10 %». Une nouvelle d'autant plus appréciable pour la fédération que ces nouveaux adhérents contribuent au rajeunissement de la population des chasseurs, faute de contribuer à sa féminisation — la fédération ne compte que 350 licenciées. Au sujet des 20-30 ans, Alain Gigounoux, le directeur de la fédération souligne la présence de nouveaux éléments qui «passent leur permis alors que dans leurs familles, ils n'ont pas de chasseurs.» Un phénomène qui n'est peut-être pas déconnecté des efforts que font les instances Lot-et-Garonnaise pour attirer un nouveau public.

« Cause départementale »

Emblème de cette politique de communication, le «Dimanche a la chasse», a rempli sa mission pour sa première édition cette année. Près de 70 non-chasseurs ont profité du troisième dimanche d'octobre pour découvrir une des 320 sociétés de chasse communales lors d'une matinée de battue ou en palombière. Ce n'est pas beaucoup, 70 participants, mais «cela a été un succès encourageant», estime-t-on sur l'estrade présidentielle. C'est en effet la première édition qui a eu lieu dans le département et pour l'instant, toutes les fédérations françaises ne participent pas à ce que les chasseurs rêvent de voir un jour devenir «la journée nationale de la chasse». En attendant, la manifestation contribue à faire changer l'image de la chasse. Comme l'a fait remarquer le député villeneuvois, Jean-Louis Costes : «Il y a quelques années, l'image des chasseurs n'étaient pas positive dans les cénacles parisiens. Mais les campagnes de communication sont importantes et doivent continuer, parce que l'image change, les urbains comprennent que sur nos territoires ruraux nous sommes utiles !» Un discours en résonance avec l'état d'esprit général et la volonté du président : «C'est fondamental de montrer aux citoyens ce que font les chasseurs pour la biodiversité et de leur faire découvrir notre sport de nature. Ces journées sont un vecteur incontournable», insiste Michel Auroux avant d'ajouter : «Un dimanche à la chasse se tiendra désormais tous les ans, chaque troisième dimanche d'octobre et cette opération doit être notre cause départementale !»

 

(© La Dépêche du Midi)