LaDépêche-TarkettEntamée lundi matin, la grève des salariés de Tarkett (ex-parquets Marty) continue. Un mouvement qualifié d'illimité et qui intervient après trois réunions de négociations entre représentants des salariés et direction pour fixer les modalités financières du licenciement des 130 salariés après la fermeture, le 31 décembre prochain.

 

Lundi, les salariés se sont mis en grève pour protester contre les propositions d'indemnisations jugées «indécentes» de la part de Tarkett. Et depuis, lundi, c'est le statu quo. «On a obtenu un rendez-vous avec le préfet aujourd'hui à 14 h 30. Côté Tarkett, on a seulement eu un contact avec la direction locale», expliquait hier Serge Luis, délégué syndical CFDT. «Pour nous dire que le rendez-vous de négociation prévu vendredi était maintenu. On ne s'attend à rien d'autre d'ici là. En attendant, on ne bouge pas.»

S'ils ne bougent pas, les salariés de Tarkett, plantés sur des chaises au milieu de la chaussée et vêtus de chasubles jaune fluo, reçoivent de la visite.

«On veut le soutien de l'État»

Hier midi, au casse-croûte, on pouvait croiser Didier Caminade, maire de Cuzorn ; Jean-Jacques Brouillet, maire de Monsempron, et Paul Faval, maire de Saint-Front-sur-Lémance, qui a prêté le barbecue de la commune aux grévistes. La directrice générale des services de Fumel Communauté, Clémence Robert-Brandolin, était là également : «On réglera la facture du pique-nique de mercredi, le conseil général prendra en charge celui de jeudi.» Le député-maire de Fumel, Jean-Louis Costes, absent hier, avait toutefois été, dès lundi, le premier à apporter son soutien aux grévistes et à dénoncer l'attitude des dirigeants de Tarkett : «(Ils) ne tiennent pas leurs engagements en se contentant de faire des propositions largement insuffisantes. On est ici très loin des bases de discussion sur lesquelles la direction et les délégués du personnel s'étaient entendus. C'est inacceptable.»

«On se sent épaulés par nos élus locaux», se félicite Serge Luis. «Ce qu'on veut désormais, c'est également le soutien de l'État.»

Justement, l'intersyndicale CFDT-CGT a demandé et obtenu un rendez-vous avec le préfet de Lot-et-Garonne. Représentants des salariés, élus locaux et direction du travail se retrouvent aujourd'hui, à 14 h 30, en préfecture à Agen. But de la réunion, relayer les demandes auprès de la direction en vue de faire avancer les négociations.

Un bon connaisseur du dossier confiait hier : «Tarkett a tout intérêt à trouver un accord avec les syndicats, sinon la Dirrecte peut refuser d'homologuer leur plan et les forcer à mettre, de toute façon la main au portefeuille.»

 

(© Jérôme Schrepf, La Dépêche du Midi)