SudOuest-CasteljalouxLe troisième Campus aquitain avait lieu, dimanche, en présence de grands noms du parti.

Ruptures, mésententes, retrouvailles... La famille n'est guère une sinécure. Celle de l'UMP ne déroge pas à la règle : des bases fragiles, moult tourments mais une volonté, celle d'être « unie ». C'est du moins le mot d'ordre que la droite populaire souhaitait se donner pour étendard, dimanche, à Casteljaloux, à l'occasion du troisième Campus régional aquitain de l'UMP.

Comme si le terme « union » était le code nécessaire à susurrer avant de poser, ne serait-ce qu'un pied, dans le centre de La Bartère... « Nouvelle feuille de route : apaiser les tensions entre nous. C'est en cours. Et déjà, nous en ressentons les bénéfices », a assuré Alain Juppé, qui a fait un passage éclair dans la cité thermale... « malgré les clivages idéologiques... », a pour sa part ajouté Henri Guaino, présent dimanche aussi. Jean-Louis Costes, député de la troisième circonscription de Lot-et-Garonne - qui avait visiblement laissé ses gants aux vestiaires - a de son côté parlé de « phrases assassines à stopper. Il faut avoir une ligne plus claire pour l'avenir. Il est important que l'on se rassemble, que l'on retrouve un meneur... »

Sarkozy, tabou et attendu

Le leadership du parti, évidemment. C'est dans ce contexte bien particulier (les élections internes du président du parti auront lieu les 29 novembre et 6 décembre) qu'Henri Guaino, Hervé Mariton (candidat déclaré, tout comme Bruno Le Maire, NDLR), Laurent Wauquiez, Michèle Alliot-Marie et Dominique Bussereau étaient là, eux aussi. Ils ont animé des ateliers débats sur l'Europe, la réforme territoriale et la refonte de la droite. Invité, Nicolas Sarkozy, lui, n'est pas venu... Et si le terme « union » semble être désormais légion, la question de sa candidature à la présidence de l'UMP semblait taboue pour quelques grands noms aquitains...

Sarkozy, un nom qui fédère pourtant les UMPistes de Lot-et-Garonne. « Ce serait une excellente chose qu'il nous revienne, pour redéfinir une ligne politique claire et restructurer le parti », a insisté Jean-Louis Costes. « Dès lors qu'il va descendre dans l'arène, pas de doutes, il va être choisi. Il nous faut un chef, c'est notre culture bonapartiste », partage Michel Diefenbacher, président départemental de l'UMP. « Mais, cette fois-ci, je ne parrainerai personne. Il y a deux ans, ma prise de position pour François Fillon avait créé une véritable fracture au sein de l'instance départementale... » En accord, ils semblent l'être, pour la gouvernance nationale du parti, ce malgré la présence, hier, d'Hervé Mariton...

Qu'en est-il de l'union, donc, à l'échelle départementale, à l'aube des élections cantonales ? « Le bilan de Pierre Camani est franchement mauvais. Nous avons des propositions à faire, notamment dans le cadre de la refonte des régions. Nous allons établir notre liste de candidats, que nous soumettrons ensuite à l'UDI. Personne n'est plus favorable que moi à une union avec l'UDI. Tout en gardant en tête que nous sommes devant elle partout, y compris à Agen. Je plaide donc pour un accord équilibré », a détaillé Michel Diefenbacher.

« Comme dans toutes les familles politiques, des voix s'élèvent pour exprimer des points de vue différents. Mais nous devons rester unis, notamment dans l'élaboration des listes cantonales et régionales. Et cela ne pourra pas se faire sans discussions avec le Modem et l'UDI », détaille Jean-Claude Guénin, maire de Casteljaloux. Dimanche, on a d'ailleurs pu apercevoir Bruno Dubos, président du Modem 47, et le sénateur Henri Tandonnet. L'union fera-t-elle la force ? L'avenir nous le dira.

 

(© Sud Ouest)