portraitLédatLe 23 juin 2013, Jean-Louis Costes battait le FN Étienne Bousquet-Cassagne au second tour et entrait à l'Assemblée nationale. Rencontre, un an après.

Élu député de la 3e circonscription du Lot-et-Garonne le 23 juin 2013 au siège laissé vacant par la démission de Jérôme Cahuzac empêtré dans son affaire de compte suisse, Jean-Louis Costes vient de fêter un an de mandat à l'Assemblée nationale. L'occasion de balayer l'actualité, nationale et locale. Et de distribuer quelques coups de griffes.


Bygmalion.

«Il y a une affaire qu'il ne s'agit pas de nier mais pour laquelle les politiques qui y sont mêlés nous ont assurés qu'ils ne s'étaient pas enrichis. La justice doit faire la lumière sur ce qui s'est passé. Mais quand je rencontre les gens ici sur ma circonscription, ce n'est pas leur sujet de préoccupation majeur.»


UMP.

«Évidemment ces affaires et ces tiraillements au sein de l'UMP, ce n'est pas l'idéal au sein d'un parti politique. Mais il y a deux choses différentes : le fonctionnement de l'UMP d'une part qui fait l'actualité et le fonctionnement du groupe UMP à l'Assemblée nationale et dont je fais partie. Je peux vous dire qu'on continue à travailler. Sous l'égide d'Hervé Mariton qui est délégué général au projet, je fais partie de deux groupes de travail sur la réindustrialisation des territoires ruraux et la réforme de l'État dans le cadre de la plateforme commune qui sera proposée au candidat de 2017.»


Primaires.

«Je ne suis pas pour récupérer les idées des socialistes. Je suis plutôt pour notre culture qui est celle du rassemblement d'un parti autour d'un candidat. Encore faut-il qu'un candidat naturel se dégage. Pour l'heure, deux personnalités se détachent, chacune avec des styles très différents et qui feraient d'excellents candidats et d'excellents présidents : Alain Juppé, qui est Aquitain et Nicolas Sarkozy. François Fillon, lui, n'est pas mon choix aujourd'hui.»


Parlement.

«Aujourd'hui, on a des députés socialistes hors-sol complètement déconnectés de la réalité qui soutiennent des mesures qui sont un non-sens économique. Mais on peut être dans l'opposition et obtenir des résultats. Je l'ai prouvé avec Villeneuve Pet Food. Frédéric Cuivellier, maire de Boulogne-sur-Mer et ministre, soutenait le projet Alandia qui menaçait la survie de VPF ici à Villeneuve. Je suis allé voir le directeur de cabinet d'Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif pour expliquer que ce projet ne sauverait ni Continental Nutrition, la maison mère, ni VPF. J'ai été entendu.»


Cassany.

«J'ai vu que le maire de Villeneuve était allé à Paris se ridiculiser au ministère des Transports. Il aurait mieux fait de consulter le député, je lui aurais expliqué que le contournement de Monbalen par la RN21 est inscrit dans le contrat de plan Etat-région et il est prioritaire. Le maire de Villeneuve et président de l'agglo ferait mieux de faire prendre une motion à son conseil communautaire pour demander à ce qu'on n'inverse pas les priorités : le maire d'Agen, lui, cherche à faire devenir prioritaire le barreau de Camélat et le 3e pont sur la Garonne. Une action de l'agglomération apporterait du poids. Mais si M.Cassany m'invite au conseil municipal ou à l'agglomération, je suis prêt à venir expliquer mon action. Il y a 116 communes dans la circonscription. Je travaille avec 115. Tous sauf le maire de Villeneuve.»


Tarkett, MTA.

«Le Fumélois était un territoire industriel confronté à un phénomène général lié à la compétitivité de la France. Aujourd'hui Tarkett veut vendre les ex-parquets Marty : il y a 3 repreneurs dont un groupe chinois et un allemand. Métal Temple Aquitaine (MTA) n'est pas en bonne santé non plus. Ce qu'il y a de certain, c'est que les collectivités locales ne pourront plus mettre un euro dans ces entreprises déjà largement aidées. La question se pose également de l'argent et des aides publiques de l'État. Aujourd'hui sur notre territoire, les axes de développement sont l'agroalimentaire - Ladhuie, Roucadil et les Fromageries de la Lémance pèsent 500 emplois - et l'économie de services liée aux retraités qui viennent s'installer dans notre région. Mais dans la circonscription, le point noir économique c'est Villeneuve, c'est là qu'on me sollicite le plus. Alors quand j'entends Patrick Cassany se réjouir de voir la bastide classée dans les quartiers les plus pauvres, moi je ne me réjouirais pas : quand je vais chez le médecin, je suis content quand il me dit que je ne suis pas malade, pas quand il me donne des médicaments.»


Propos recueillis par Jérôme Schrepf

(© La Dépêche du Midi)