SudOuest - AGCCI2014« Je ne peux pas débuter cette assemblée plénière sans évoquer le contexte national très tendu et la position du gouvernement qui remet en cause les ressources des Chambres de commerce et d'industrie (CCI) et leurs missions de service public comme l'aéroport et l'appui aux entreprises. »

Jean-Alain Mariotti, président de la CCI de Lot-et-Garonne, a profité de la tribune offerte par l'assemblée plénière de l'organisme consulaire, hier, pour aborder le sujet qui fâche depuis plusieurs mois les CCI. Une tribune d'autant plusopportune qu'elle réunissait dans les salons de la préfecture, outre des chefs d'entreprises, des élus, et plus particulièrement les députés,Jean-Louis Costes et Lucette Lousteau ainsi que le sénateur, Pierre Camani.

 1. Au plus près des entreprises

Et le président de rappeler le message sur lequel toutes les CCI de France se sont accordées : « Nous avons déjà engagé toutes les économies possibles. Et il y a huit mois, nous avons signé, à Bercy, un contrat d'objectif et de progrès avec le Premier ministre d'alors. Et voilà que le nouveau gouvernement organise le démantèlement de l'économie sur les territoires dans le cadre de son projet de loi sur la décentralisation. Nous sommes dans un département économiquement touché et on doit tout faire pour que les investissements reviennent. J'oppose un démenti à tous ceux qui, dans les hautes sphères, sont souvent sans connaissance des réalités du terrain, et mettent en doute l'efficacité de notre réseau. Nos entreprises ont besoin des opérations que les chambres consulaires mènent au quotidien. Des actions de proximité... »

Et la plupart de celles-ci visent à la pérennisation des entreprises, thème de l'assemblée plénière d'hier. « L'enjeu est d'assurer la continuité économique sur ce département et de transmettre les savoir-faire des entreprises », a rappelé Jean-Claude Carretier, membre élu de la CCI 47.

2. La pérennisation : actions, réactions

Et d'énoncer les objectifs fixéspar la chambre : dépasser les 14 000 entreprises inscrites au registre du commerce et des sociétés ; maintenir à deux tiers le taux de pérennité à trois ans des jeunes structures et assurer la reprise de plus de 200 entreprises. Voilà les objectifs de pérennisation sur le papier et pour les atteindre, différentes actions leviers ont été présentées à l'assemblée. La première relève de l'accompagnement des entreprises vers des structures adaptées. En 2013, 41 d'entre elles ont bénéficié de ce soutien de la CCI. « Dans cet esprit, dans quelques semaines, sera mis en ligne sur le site de la chambre consulaire, un auto diagnostic pour les entreprises », a ajouté celui qui présida longtemps le tribunal de commerce de Marmande.

Il s'agit ensuite de favoriser la mise en commun de compétences en temps partagé via des structures telles que les groupements. « C'est ainsi qu'au sein de Gascogne Environnement, est proposée l'intervention à la carte de deux ingénieurs spécialisés. »

Également évoquée, la promotion du centre-ville avec diagnostic et informations délivrés par la CCI pour accompagner les communes urbaines dans la valorisation des commerces et les communes rurales dans le maintien des activités commerciales.

3. La transmission, ça s'anticipe

Enfin, la pérennisation du tissu économique passe par la transmission. « En Lot-et-Garonne, 30 % des chefs d'entreprise ont plus de 50 ans et 11 % plus de 55 ans. La CCI assure un conseil personnalisé aux cédants grâce des outils comme la bourse d'opportunité d'affaires développée au niveau national. La transmission doit être anticipée et préparée trois à cinq ans en amont et ce pour des raisons psychologique, économique et fiscale », a également rappelé Jean-Claude Carretier.

Et pour que la démonstration soit totale en la matière, c'est la Compagnie Debauche qui a investi l'estrade, offrant une pièce de théâtre où une famille d'entrepreneurs est confrontée à « l'après ». Cet « après » où le « bébé » entreprenarial a grandi, les parents souhaitent partir à la retraite tout en assurant son avenir...

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