M. Jean-Louis Costes. Ma question s'adresse à M. le ministre de l'intérieur. Monsieur le ministre, les chiffres de la délinquance sont mauvais. Le nombre d'expulsions de clandestins s'effondre. Le sentiment d'insécurité est de plus en plus fort chez nos administrés ; il n'a d'ailleurs jamais été aussi fort. Il ne se passe pas une semaine, voire un jour, sans que les médias, les télévisions montrent des actes d'une extrême violence ou de grand banditisme. Aujourd'hui, les cambriolages, que ce soit en zone rurale ou en zone urbaine, sont devenus un des fléaux de notre société. Enfin, les signes envoyés par le Gouvernement aux délinquants eux-mêmes sont extrêmement négatifs, et je ne parle pas de la réforme pénale, qui, visiblement, est passée ce matin en conseil des ministres. Un ministre de l'intérieur, monsieur Valls, ça ne court pas les plateaux de télévision pour faire de la communication, ça agit. Ce sont vos échecs à répétition qui font aujourd'hui le lit du Front national. Arrêtez, monsieur Valls, de jouer les pompiers pyromanes ! Alors ma question est simple, monsieur Valls : quand allez-vous passer de la gesticulation médiatique à l'action concrète pour résoudre les problèmes des Français et cette insécurité qui gangrène notre société ? Quand allez-vous enfin vous attaquer réellement aux voyous et aux délinquants ? 

M. le président. La parole est à M. le ministre de l'intérieur.

M. Manuel Valls, ministre de l'intérieur. Je vous remercie, monsieur le député, pour le sens de la nuance, comme dirait mon collègue Laurent Fabius, dont vos propos étaient empreints. Sur ces questions de sécurité, je ne cesse de le rappeler, il faut raison garder.Je pourrais rappeler que l'explosion des cambriolages constatée depuis quatre ou cinq ans est imputable au gouvernement précédent. Je pourrais parfaitement rappeler que les violences sur les personnes ne cessent d'augmenter depuis trente ans. Face à ces problèmes, qui sont une réalité, l'augmentation des violences contre les personnes, notamment les femmes, l'augmentation et l'explosion du nombre de cambriolages, plutôt de s'invectiver et d'être dans la caricature comme vous l'étiez à l'instant, il faut agir. J'étais hier en Lorraine, pour annoncer la mise en place d'une zone de sécurité prioritaire à Forbach. J'étais hier après-midi à Fameck, pour constater que la zone de sécurité prioritaire mise en place en zone gendarmerie donne des résultats tout à fait probants. Alors, monsieur le député, la seule chose que je vous demande, c'est de faire comme font tous les maires, de droite ou de gauche, qui agissent sur le terrain, en matière de prévention et de sécurité, avec la police municipale et la vidéoprotection, mais aussi en mettant l'accent sur la prévention. Nous travaillons ensemble. Dans les zones de sécurité prioritaire, c'est précisément un travail de grande qualité entre les préfets et les procureurs, entre les magistrats, la police et la gendarmerie, qui donne des résultats, et c'est comme ça que nous ferons reculer la délinquance, comme nous le faisons dans les zones de sécurité prioritaire. Je vous invite à rejoindre ce combat, cela vaut mieux que vos propos, et c'est sur le terrain que nous réussirons à faire reculer cette délinquance.