pjl biodiversitéDans le cadre du projet de loi biodiversité, l’Assemblée nationale a pris la décision, mercredi 20 juillet, d’interdire dès le 1er janvier 2018 l’utilisation de tous les produits phytosanitaires de la famille des néonicotinoïdes.

Orateur du groupe Les Républicains, Jean-Louis Costes a dénoncé en séance une posture idéologique et politique dangereuse de la part du gouvernement. En effet, en dépit du rapport communiqué par l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) qui estime que certains produits de cette famille ne sont pas dangereux pour les abeilles, la France va être, demain, le seul pays européen à en interdire l’utilisation.

La filière noisette de France, par exemple, ne va donc plus pouvoir utiliser le produit Calypso pour traiter sa production alors que celui-ci n’est pas reconnu comme dangereux. Privée de l’utilisation de ce produit, la filière noisette pourrait perdre 80% de sa production, ce qui mettrait en péril les 3000 emplois que cette activité générera d’ici quelques années en Lot-et-Garonne.

Jean-Louis Costes aurait souhaité davantage de pragmatisme : le temps politique de l’immédiat n’est pas celui de la technique et de l’économie. Sur des productions aussi spécifiques que la noisette, il sera impossible de mobiliser les fonds nécessaires pour mettre au point des solutions de substitution dans d’aussi courts délais.

A ce titre, Jean-Louis Costes va s’engager auprès des différentes filières concernées (outre la noisette, la fraise et la pruniculture sont également concernées) afin qu’elles obtiennent un délai dérogatoire leur permettant d’éviter une catastrophe économique.

 


Extrait du compte-rendu de la séance

Mme la présidente. La parole est à M. Jean-Louis Costes, pour soutenir l’amendement identique no 27.

M. Jean-Louis Costes. Il s’agit d’un sujet très important. L’interdiction des néonicotinoïdes, si elle était appliquée, constituerait une véritable catastrophe. Ce sujet, je l’ai déjà dit, est dominé par l’émotion et la polémique. Nous sommes tous des défenseurs des abeilles mais il ne faut pas tout mélanger. Nous proposons donc de revenir à l’interdiction progressive votée par le Sénat. Si l’interdiction était appliquée dès aujourd’hui, cela provoquerait un cataclysme dans certaines filières agricoles comme celles de la fraise, du pruneau et de la noisette, pour lesquelles il n’existe aucun produit de substitution. En outre, le Gouvernement envisage d’interdire toute une famille chimique alors que l’ANSES et l’Union européenne ont prouvé que certains produits de cette famille sont sans conséquences sur les abeilles. Nous demandons simplement un peu de bon sens. Nous sommes d’accord sur le principe mais demandons d’en étaler l’application dans le temps.