PJL biodiversitéLe mercredi 22 juin, l'Assemblée nationale a amendé l'article 51 du projet de loi sur la biodiversité afin de confirmer l'interdiction des néonicotinoïdes à partir de 2018, mais d'autoriser un certains nombres de dérogations jusqu'en 2020. Ces dérogations permettront aux agriculteurs de développer des solutions alternatives.

Jean-Louis Costes est intervenu au cours de la séance afin de rappeler que le législateur ne peut faire abstraction des conséquences de ses décisions. La défense de l'environnement doit être une priorité, mais elle doit se faire de façon applicable et raisonnable et la réalité du temps nécessaire à la recherche scientifique doit être prise en compte dans cette problématique.

La possibilité de dérogation pour des filières comme celle de la noisette permettra de chercher un produit de substitution et de remplacer définitivement les néonicotinoïdes, sans pour autant mettre en danger cette filière majeure de notre agriculture lot-et-garonnaise.

 

Extrait du compte-rendu de la séance

Mme la présidente. La parole est à M. Jean-Louis Costes.

M. Jean-Louis Costes. Je rappelle que les effets décrits par certains ne sont pas prouvés scientifiquement. Dans notre débat, il y a beaucoup d'émotion qui s'exprime, beaucoup de choses qui se disent, mais certaines vérités scientifiques ne doivent pas être oubliées.

Au nom du principe de précaution maximal, la France va laver plus blanc que blanc. Comme souvent, nous voulons montrer l'exemple, mais celui-ci ne sera suivi par aucun pays européen. L'heure est grave. Nous allons massacrer des filières économiques entières, au niveau de l'agriculture.

Mon département produit de la noisette. Pour protéger celle-ci, il n'existe qu'une substance. Si vous l'interdisez, vous tuerez la filière, ce qui supprimera 3.000 emplois à très court terme. Quel laboratoire de recherche pourrait se positionner pour trouver avant un an et demi un produit de substitution au Calypso ? Aucun ! Allez-vous tuer des filières agricoles entières ?

De grâce, soyez conscients de ce que vous allez faire. Je l'ai dit, il y a beaucoup d'émotion. Nous sommes nombreux à nous exprimer. Mais il existe aussi des réalités économiques et un monde agricole dont il faut absolument tenir compte. («Très bien ! » sur les bancs du groupe Les Républicains.)